Du 25 au 27 août 2026, Nikki va à nouveau honorer la tradition de la Gaani, la grande fête des peuples Baatonu et Boo : tambours sacrés, parades équestres, rituels de cour. Cette année, l’État béninois s’invite dans l’organisation, aux côtés de l’Empereur Séro Torou Tuko Sari, qui reste maître des rituels.
L’État met la main à la pâte
Ce partage des rôles a été acté le 3 juin 2026, quand le Conseil des ministres a validé l’implication du gouvernement dans l’organisation de la Gaani. Le 9 août, le porte-parole Wilfried Houngbédji l’a réaffirmé à la télévision nationale.
Selon lui, cette année sera « l’édition zéro portée par le gouvernement ». Sur le terrain, cela se traduira par une répartition claire : la Cour garde la main sur les rituels, l’État prend en charge sécurité, infrastructures et accueil des visiteurs.
La Gaani rejoint ainsi les Vodun Days de Ouidah et le Festival des Masques de Porto-Novo parmi les grands rendez-vous désormais soutenus par l’exécutif. L’implication du gouvernement se voit déjà sur les chantiers, lancés dès mars autour du palais impérial et du parcours rituel.
Le 16 juillet, une délégation interministérielle s’est rendue à Nikki pour en vérifier l’avancement. Les entreprises concernées se sont engagées à livrer avant le 23 août, deux jours avant le lancement des festivités.
📰 La Une
🔹 Gaani 2026
L’État prend les rênes de l’organisation (Page 3)
🔹 Marchés agricoles
Les prix demeurent globalement modérés (Page 5)
🔹 Prix à la consommation au Bénin
L’inflation reste stable, les transports renchérissent (Page 5) pic.twitter.com/LXBV4IGqyC— Quotidien du service public »la Nation »- Bénin (@lanationbenin) August 11, 2026
Trois jours, trois temps forts
Le rituel s’ouvre le 25 août avec la sortie des tambours sacrés. Il culminera le 26 août, jour central marqué par les parades équestres et les rituels de cour dans la cité des Inaboko, avant de se refermer le 27 août sur la Kayessi, l’audience royale de clôture.
C’est un rendez-vous qui attire chaque année des milliers de visiteurs venus du Borgou, du reste du Bénin et de la diaspora. Le maire Gounou Bachirou Sariki Imorou a d’ailleurs appelé la population à un comportement responsable pendant ces trois journées.
Du côté de la Cour, le premier ministre Sinadounwirou salue justement cette nouvelle collaboration avec l’État.
Entre opportunités et questionnements
Ce changement de modèle suscite à la fois de l’enthousiasme et des interrogations. Pour ses défenseurs, l’implication de l’État peut permettre à la Gaani de :
- gagner en visibilité internationale,
- bénéficier de moyens plus importants pour la sécurité et l’accueil,
- et s’inscrire dans une stratégie nationale de tourisme culturel, aux côtés d’autres événements comme les Vodun Days.

Du côté des observateurs attentifs aux équilibres traditionnels, la question reste ouverte : comment assurer que la dimension spirituelle et communautaire de la Gaani ne soit pas diluée dans une logique trop événementielle ?
L’édition 2026, présentée comme une sorte d’”édition zéro” de la nouvelle formule, servira de test pour les prochaines années.






