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Saara Houansou, première Béninoise à décrocher The Voice Afrique : chronique d’un sacre continental

Le vendredi 14 août 2026, à Abidjan, la chanteuse béninoise Saara Houansou, dite Saara-Emmanuel, a été sacrée grande gagnante de la quatrième saison de The Voice Afrique francophone.

Face au Malgache Val, au Congolais Original Ekwa et à la Burundaise Dreamer, elle recueille 60,08% des suffrages du public, un score qui place le Bénin, pour la première fois, en tête de cette compétition panafricaine.

Une audition à quatre chaises tournées : Josey, Meiway, Flanglish et Emma’a

L’aventure commence par les auditions à l’aveugle, moment clé du format où les coachs découvrent les candidats sans les voir, uniquement sur la base de leur voix.

Saara y présente un titre qui met en valeur sa puissance vocale, son contrôle et cette faculté qu’elle a à jouer avec les nuances. Résultat, les quatre membres du jury (Josey, Meiway, Flanglish et Emma’a) se retournent et expriment le souhait de l’accueillir dans leur équipe.

L’unanimité des coachs dès la première apparition télévisée fixe d’emblée le récit autour de Saara. En effet, c’est l’histoire d’une artiste dont la voix convainc au-delà des styles et des affinités.

Elle choisit finalement Josey comme mentor. Cependant, le fait que les quatre coachs aient voulu travailler avec elle devient un élément central de son parcours.

Battles, knock-out et affirmation progressive

Après les auditions, Saara traverse les étapes classiques du concours : les battles, où elle partage la scène avec d’autres membres de l’équipe Josey, puis les knock-out, où chaque candidat défend un morceau en solo pour tenter d’accéder aux directs.

À chaque passage, les commentaires des coachs insistent sur sa maîtrise technique, son sens de l’interprétation et sa présence scénique.

On l’aura donc compris, elle ne se contente pas de reproduire une formule qui a fonctionné. Elle diversifie les répertoires, accepte des prises de risque et passe d’un registre pop à des couleurs plus afro, sans perdre en cohérence.

La finale : un plateau panafricain et un vote massif

La grande finale réunit donc quatre finalistes venus de Madagascar, de RDC, du Burundi et du Bénin. Le plateau est conçu comme une vitrine de la diversité africaine, avec des prestations qui mêlent reprises revisitées et titres plus personnels.

Saara y défend plusieurs morceaux, dont une version de Papaoutai” de Stromae et une interprétation de Show Me The Way” de Papa Wemba, deux choix qui résument bien son positionnement. D’un côté, une pop urbaine francophone et de l’autre, un hommage aux icônes de la musique africaine.

À l’issue des performances, le sort des candidats ne dépend plus uniquement des coachs, mais surtout du vote du public, via les téléspectateurs de Canal+ Afrique et les internautes sur la plateforme officielle.

Les chiffres publiés après la cérémonie sont sans ambiguïté : Saara remporte 60,08% des voix, devant Val (25,81%), Original Ekwa et Dreamer. Ce score nous informe clairement sur l’adhésion à sa voix et la mobilisation d’un public béninois et diasporique très actif.

EP, single, clip et soutien logistique : ce que la victoire lui donne

Au-delà du trophée, la victoire dans The Voice Afrique francophone 2026 ouvre à Saara un ensemble de récompenses concrètes. La lauréate décroche l’enregistrement d’un EP avec Universal Music Group Afrique, ainsi que la production d’un single accompagné de son clip.

Elle bénéficie également du soutien d’Air Côte d’Ivoire pour certains de ses déplacements, un avantage non négligeable pour une artiste appelée à se produire sur différentes scènes du continent.

Ces éléments donnent à sa carrière une structure professionnelle immédiate. Avec l’EP, elle peut consolider son univers artistique au-delà des reprises, tandis que le single et son clip constituent une première vitrine internationale.

Le partenariat avec un major comme Universal Music Group Afrique la place dans un circuit de distribution et de promotion qui dépasse le cadre béninois.

Retour à Cotonou : accueil triomphal et caravane populaire

Deux jours après son sacre, Saara reprend l’avion pour le Bénin. Son retour à Cotonou, le dimanche 17 août, donne lieu à un accueil triomphal à l’aéroport, avec une importante délégation venue la recevoir.

Des images diffusées sur les réseaux sociaux la montrent débarquant avec le trophée de The Voice Afrique francophone, entourée de proches, de fans et de personnalités du milieu culturel.

Une caravane se forme ensuite pour accompagner son arrivée au cœur de la ville. Clameurs, drapeaux béninois, musique, la scène prend rapidement des allures de fête populaire. Pour beaucoup de spectateurs, ce retour est celui d’une ambassadrice qui a porté les couleurs du pays sur une scène continentale.

Par ailleurs, il importe de mettre un accent sur le sens de reconnaissance de l’héroïne envers Josey, la Côte-D’Ivoire et toute l’Afrique. Cette impression se matérialise justement dans son intervention lors d’accueil triomphal.

L’appel du Président de la République du Bénin : ”C’est Romuald Wadagni”

Dans la foulée de sa victoire, Saara reçoit un appel qui la marque profondément. Le président de la République, Romuald Wadagni, la contacte personnellement pour la féliciter.

Selon son récit, elle dort encore lorsque son équipe la réveille pour lui annoncer un appel urgent. Au bout du fil, une voix se présente simplement : “C’est Romuald Wadagni.”

Sous le choc, la chanteuse confie avoir eu le souffle coupé avant de parvenir à répondre : Bonjour Monsieur le Président ! J’espère que vous vous portez bien ?”

Le chef de l’État lui adresse ses félicitations pour son parcours et son sacre dans The Voice Afrique. Saara dit vouloir garder ce moment “longtemps dans son cœur” et multiplie les remerciements envers le président, qu’elle cite par son nom complet, ainsi qu’envers ses compatriotes.

Cet échange bref donne à la victoire de Saara une dimension politique et symbolique forte. C’est celle d’une reconnaissance venue du plus haut niveau de l’État, qui place la culture et la jeunesse au centre du récit national.

Et après ? Construire une carrière durable

Comme tous les gagnants de The Voice, Saara se retrouve désormais face à un enjeu de taille, celui de donner suite à la victoire.

Le trophée lui confère déjà une visibilité immédiate, mais la suite dépendra de son aptitude à construire un catalogue cohérent, à trouver son public au-delà de l’émission et à s’établir comme une artiste durable, pas seulement comme une ancienne gagnante de télé-crochet.

La problématique mérite davantage d’être soulevée quand on sait que les précédents gagnants de l’émission sont tombés dans les oubliettes, après les finales passées.

L’EP à venir avec Universal Music Group Afrique sera un premier test : saura-t-il confirmer l’impression laissée pendant la compétition ?

Revenons alors dans cette dynamique où des artistes comme Lerenoi, Conex et Don, Axel Merryl…réalisent déjà des performances inédites pour réhausser le niveau de la musique béninoise.

De la même manière, la championne devra surfer sur tout pour construire un univers qui lui soit propre et qui fasse parler du pays à l’international.

En gros, pour le Bénin, ce trophée est une forme de reconnaissance d’un pays qui, sans être le plus puissant économiquement ou médiatiquement, peut produire des artistes capables de s’établir sur une scène continentale.

Pour Saara, c’est le début d’une nouvelle aventure, où la pression sera différente, mais où les opportunités le seront tout autant. On peut bien s’accorder là-dessus, sa victoire est un point de départ. Celui d’une artiste qui, après avoir convaincu les coachs puis le public, doit maintenant convaincre le temps.

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