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Quand le Bénin collectionne les sacres : une année qui fait du bruit

Il y a des années où l’on parle d’un artiste béninois à l’international. Et puis il y a des années où plusieurs noms surgissent presque simultanément, comme si le pays avait décidé de rappeler au monde qu’il sait aussi produire des voix, des musiciens et des créateurs capables de franchir les frontières. 

2026 pourrait bien être de celles-là pour le Bénin. D’OPA à Saara Houansou, en passant par Angélique Kidjo et les professionnels distingués aux African Music Academy Awards, la musique béninoise vient de vivre une séquence particulièrement forte.

De OPA à Saara : la nouvelle génération prend le micro

En mars, OPA a remporté le Prix Découvertes RFI 2026 à l’issue du vote du public et du jury présidé par MC Solaar.

 

Originaire de Bohicon, l’artiste s’est imposé avec une identité musicale qui mixe afrobeat, soul, jazz et influences traditionnelles béninoises. Son titre « Che Che Che » et son univers ont convaincu au-delà du Bénin. 

À la clé, il obtient une enveloppe, un accompagnement professionnel, une exposition médiatique et une tournée dans les Instituts français d’Afrique.

Quelques mois plus tard, c’est Saara Houansou, également connue sous le nom de Saara-Emmanuel, qui a fait vibrer le pays. 

Le 14 août, la jeune chanteuse a remporté The Voice Afrique francophone 2026. Elle offre ainsi au Bénin son premier sacre dans l’histoire de cette compétition. 

Avec 60,08 % des suffrages, elle a largement devancé ses trois concurrents en ce qui concerne le vote du public. Son parcours avait commencé fort : aux auditions à l’aveugle, les quatre coachs s’étaient retournés sur son interprétation de « Fallin’ » d’Alicia Keys.

Et puis il y a Angélique Kidjo. Là, on change presque d’échelle. Le 18 août, à Los Angeles, la chanteuse béninoise a reçu la 2 854e étoile du Hollywood Walk of Fame, dans la catégorie « Recording ». 

Elle devient ainsi la première artiste africaine à recevoir cette distinction et la première artiste noire africaine à y être honorée. 

Cinq Grammy Awards, plus de quarante ans de carrière, dix-huit albums : l’étoile hollywoodienne vient couronner une trajectoire qui a depuis longtemps dépassé les frontières du continent.

Trois artistes, trois générations, trois chemins. OPA représente la promesse. Saara incarne l’éclosion. Kidjo, elle, représente la trace laissée par une pionnière qui a ouvert la voie.

Et derrière les chanteurs, toute une industrie béninoise se démarque

La belle histoire ne s’arrête pourtant pas aux interprètes. Les African Music Academy Awards 2026 constituent une véritable preuve de ce qu’une industrie musicale ne se construit pas uniquement avec des chanteurs devant un micro. 

Elle se construit aussi avec des auteurs, des compositeurs, des musiciens, des arrangeurs et des producteurs.

Lors de cette édition, quatre professionnels béninois ont été distingués. Fifi Fender, de son vrai nom Fiacre Ahidomehou, a décroché le titre de Musicien de l’année 2026, avec également une distinction régionale pour l’Afrique de l’Ouest. 

Le guitariste et arrangeur, qui a travaillé avec de nombreuses figures de la musique béninoise et africaine, est reconnu à sa juste valeur dans une carrière déjà bien remplie.

À ses côtés, Ignace Don Métok a été sacré au niveau régional Afrique de l’Ouest dans la catégorie Auteur, tandis que Dossi la Princesse a remporté la distinction régionale dans la catégorie Compositeur

Carlos Codjovi, promoteur d’Oculus, a pour sa part décroché le prix national dans la catégorie Producteur.

Et c’est peut-être là que se trouve la partie la plus intéressante de cette moisson. Pendant longtemps, parler de rayonnement musical béninois revenait surtout à citer quelques grandes vedettes. Aujourd’hui, les récompenses commencent à mettre en lumière toute la chaîne de création.

Alors oui, il faut célébrer les trophées. Mais il faut surtout regarder ce qu’ils racontent.

OPA, Saara, Kidjo, Fifi Fender, Ignace Don Métok, Dossi la Princesse, Carlos Codjovi… Des noms différents, des parcours différents, des générations différentes. 

Pourtant, tous participent à la même histoire : celle d’un Bénin qui ne veut plus seulement être regardé comme un réservoir de traditions, mais comme un pays capable de produire de la création contemporaine, de l’exporter et de prendre sa place dans la conversation musicale africaine et mondiale.

Le plus beau dans cette histoire ? Ce n’est peut-être pas le nombre de trophées.

C’est le fait que, cette fois, les projecteurs semblent arriver de plusieurs directions à la fois.

Et pour la musique béninoise, ça commence sérieusement à faire beaucoup de lumière.

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