Le Bénin continue d’écrire, note après note, une nouvelle page de son histoire musicale. Après les sacres récents d’OPA, de Saara Houansou et la consécration internationale d’Angélique Kidjo, un instrumentiste fait à nouveau parler de lui. C’est Landry Padonou, clarinettiste, saxophoniste et flûtiste originaire de Cotonou.
Fin août 2026, il a intégré le prestigieux Guinness World Records en participant à un rassemblement mondial de clarinettistes en France. Une performance qui vient s’ajouter à un parcours déjà riche, marqué par la scène acoustique, le voyage et la défense d’une musique béninoise ouverte sur le monde.
Un record du monde pour la clarinette, une fierté pour le Bénin
Le 30 août 2026, à Châtellerault (France), 1 381 clarinettistes venus de plusieurs pays ont joué ensemble et battu un record mondial Guinness. Parmi eux, un seul Béninois : Landry Padonou.
Âgé de 32 ans et clarinettiste depuis 17 ans, Landry a effectué le déplacement depuis Cotonou spécialement pour cette aventure. Dans des déclarations rapportées par la presse locale, il décrit l’expérience, ce moment de grâce collective, comme inoubliable.
Mais derrière cette performance se cache un artiste au parcours déjà dense. Landry Padonou surtout connu comme cofondateur du Duo Landry+ (ou Landry Plus), formé vers 2015–2016 à l’Institut Français de Cotonou avec Landry Dannon Magnidet, guitariste, compositeur et chanteur.
Leur musique se définit comme une rencontre entre :
- soul, folk et touches country
- rythmes et mélodies traditionnels du Bénin
- des textes chantés en fon et en français.
Ce mélange a valu au duo d’être qualifié de « pépite musicale venue du Bénin » par plusieurs programmateurs culturels en Europe. Le Duo Landry+ a ainsi multiplié les concerts au Bénin et à l’international, et figure sur des compilations de musiques du monde, notamment Café Africa chez Putumayo.
Au-delà du duo, Landry Padonou arbore la casquette d’un ambassadeur des instruments à vent dans un paysage musical souvent dominé par les voix, les percussions et les instruments électrifiés.
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2026, l’année où la musique béninoise s’écrit au pluriel
La performance de Landry Padonou n’arrive pas par hasard. Elle s’inscrit dans une série de distinctions et de temps forts qui, depuis quelques mois, placent le Bénin sous les projecteurs de la musique africaine et internationale.
Parmi les faits marquants de l’année 2026 :
- OPA (Tossou Paoli) remporte le Prix Découvertes RFI 2026, l’un des concours les plus prestigieux dédiés aux nouveaux talents africains.
- Saara Houansou est sacrée gagnante de « The Voice Afrique francophone ».
- Angélique Kidjo, déjà icône mondiale, inscrit son nom sur le Hollywood Walk of Fame le 18 août 2026, devenant la première artiste chanteuse africaine et la première artiste noire africaine honorée sur ce boulevard mythique.
- Des artistes comme Fifi Fender (guitariste) et Don Métok (Chanteur) sont également mis en avant dans des palmarès régionaux
Dans ce contexte, le record de Landry Padonou apparaît comme un nouveau jalon. Ce qui suppose qu’après les voix et les guitares, ce sont les instruments à vent et la musique acoustique de chambre qui viennent enrichir la palette des gloires musicales que le Bénin construit mois après mois.
Un message aux jeunes musiciens : oser l’instrument, oser le monde
Pour beaucoup de jeunes musiciens béninois, Landry Padonou devient un modèle. La preuve qu’on peut partir d’un village ou d’un quartier de Cotonou, travailler un instrument « classique », et finir par jouer dans un record mondial en Europe.
Son parcours montre aussi que :
- la formation (notamment via les instituts culturels et les coopérations) compte ;
- la mobilité (tournées, résidences, festivals) ouvre des portes ;
- la persévérance paie, même quand l’instrument semble « niche » sur le marché musical africain.
En rejoignant cette « liste de gloires musicales » que le Bénin étoffe depuis quelques mois, Landry Padonou adresse un message selon lequel la musique béninoise n’a pas qu’une seule voix, ni un seul son. Elle est aussi clarinette, saxophone, flûte, arrangements acoustiques, et scènes du monde.
Et maintenant ?
Avec ce record à son actif, Landry Padonou pourrait voir s’ouvrir de nouvelles opportunités : collaborations internationales, projets pédagogiques autour de la clarinette, ou encore apparitions dans des festivals de musiques du monde.

Pour le Bénin, chaque distinction comme celle-ci est une vitrine supplémentaire. Elle informe sur le fait que le pays ne se limite pas à un style ou à quelques noms connus, mais qu’il est en train de construire, patiemment, une galaxie artistique complète.
Et ce soir-là, à Châtellerault, quand les 1 381 clarinettistes ont levé leurs instruments, c’est bien un peu du Bénin tout entier qui a résonné dans l’air.






