# Tags

First King sur le projet ALPHA : l’élévation par la foi, les racines et l’affirmation

Avec ALPHA, sorti depuis le vendredi 28 août, First King propose un parcours en trois étapes. Il s’ouvre avec une posture d’humilité et se referme sur une démonstration de force. Entre les deux, l’artiste béninois raconte sa vision de la vie, de la réussite et de la musique, majoritairement dans la langue fon.

Et justement, cette orientation linguistique n’a rien d’anecdotique. First King chante dans une langue dont il maîtrise les images, les subtilités et les philosophies. ALPHA tire ainsi sa cohérence de cette proximité avec la culture fon : les prières, les appels aux ancêtres et aux anges, les formules de sagesse, mais aussi les récits de vie quotidienne y prennent une résonance particulière.

ALPHA commence par demander la lumière

Le premier titre, « Ayoyo » , donne le ton. Avant de se lancer dans cette aventure, le Premier Roi choisit la prière. Il demande la bénédiction, appelle les anges à demeurer près de lui et invoque la lumière pour guider son chemin ainsi que celui de son entourage.

L’artiste convoque aussi la nature. Dans une image poétique, il fait appel aux alouettes et aux perroquets, oiseaux réputés pour leur chant, afin qu’ils lui ouvrent la voie et l’accompagnent dans son harmonie.

Cette entrée place l’album sous le signe de l’humilité. A défaut de se présenter comme un artiste qui avance seul, First King reconnaît la part du ciel, de la nature et de tous ceux qui lui donnent de l’amour.

La foi irrigue également « Je suis béni », troisième piste du projet. Le morceau répond aux soupçons qui accompagnent souvent la réussite. En effet, certains l’attribuent à la sorcellerie ou au fétichisme, alors que l’artiste choisit d’y voir d’abord une grâce divine.

C’est une chanson de reconnaissance qui insiste sur le fait que le travail et la détermination ne suffisent pas toujours sans la volonté de Dieu.

Dans « Avalou » , cette gratitude se prolonge. L’artiste remercie l’Être suprême pour le succès et la gloire obtenue tout en rappelant une idée forte. Elle est simple et pleine de sagesse :  celui qui est reconnu aujourd’hui peut avoir été rejeté hier.

La réussite, sans perdre son âme

Le titre « Orlando » est sans doute l’un des récits les plus parlants d’ALPHA. Il suit un jeune homme issu d’un foyer modeste, poussé à quitter son village pour la ville dans l’espoir d’échapper à la précarité.

Mais loin du village, Orlando rencontre le rejet, les humiliations et les difficultés. Pendant ce temps, ses parents continuent de croire en lui, de prier et d’espérer son retour à une meilleure vie.

La réussite finit par arriver, mais elle porte ses propres pièges. Orlando gagne de l’argent, s’abandonne aux excès, aux sorties, à l’alcool et aux aventures amoureuses.

Peu à peu, il néglige ses parents et son histoire. First King lui adresse alors un rappel selon lequel réussir ne doit jamais signifier oublier ceux qui ont soutenu les premiers combats.

En gros, « Orlando » est une chanson sur la mémoire, les racines et la responsabilité qui accompagne l’ascension sociale.

Cette exigence morale revient dans « Mon Djin E Nan Tchi ». Ici, l’artiste s’interroge sur la justice, la miséricorde et le pardon. Face à la haine ou à l’injustice, il ne recommande pas essentiellement la vengeance.

Il choisit le silence, le recul, le travail sur soi et la confiance dans le temps. Une philosophie authentique : avancer sans laisser la rancune définir son chemin.

Persévérer, aimer, célébrer

Sur « Vivo », en featuring avec Asso Rêve, First King regarde vers l’avenir. Le morceau porte un message de persévérance.

Il signale que le temps de récolter les fruits des efforts viendra, mais il faut continuer à chercher, à travailler et à croire en la lumière au bout du tunnel. C’est une chanson pour ceux qui luttent encore sans céder au découragement.

L’amour tient aussi une place importante dans l’album. Sur « Lonlon », avec Santrinos, les deux artistes célèbrent une femme à la beauté presque irréelle, si éclatante qu’ils se demandent si elle appartient vraiment à ce monde ou à l’univers spirituel.

« Chérie Agonkè » adopte un ton plus intime.  First King y fait une déclaration à celle avec qui il aimerait construire une vie durable. L’amour y est présenté comme une manière de vivre pleinement.

Mais, l’ambiance change avec « Zangan » , en collaboration avec Djo le Magicien. Les deux artistes invitent le public à danser, faire la fête et profiter de l’instant, tout en maintenant un mot d’ordre : la prudence. Le plaisir n’est donc pas rejeté, mais encadré par une forme de responsabilité.

Lumière, élégance et puissance

Plus affirmatif, « Zôzô » repose sur l’opposition entre l’ombre et la lumière. First King y revendique son appartenance à la lumière et se démarque de ceux qu’il perçoit comme ses détracteurs.

Le morceau se veut une profession de foi artistique : l’artiste connaît sa valeur, son chemin et ne souhaite pas se confondre avec ceux qui cherchent à l’enterrer.

Cette confiance se retrouve dans « Malaïka » , mot qui signifie « ange ». Porté par des sonorités Amapiano, le titre associe une énergie dansante et un imaginaire spirituel. First King y affirme être aimé et protégé par les anges ; son trône serait donc à l’abri des forces adverses.

Plus loin, sur « Gentlemen » , dont le clip est disponible depuis le 12 juin 2026, l’artiste défend une vision respectueuse de la séduction. Le gentleman ne se limite pas aux belles paroles : il protège, écoute et valorise la femme aimée.

Enfin, « Sato » oriente l’auditeur vers la sortie de l’opus. Sur fond de Tchink System et d’afrobeat, First King reprend le contrôle du jeu, affiche son assurance et rappelle qu’il est conscient de son identité artistique.

Après la prière d’« Ayoyo », la conclusion à une valeur symbolique : l’artiste qui s’était mis à genoux au début du voyage se tient désormais debout, fort de ses convictions, de ses racines et de sa musique.

Au sortir des 39 min 33 s d’écoute d’ALPHA, on comprend qu’il apparaît comme un album à double mouvement : une œuvre d’humilité et de confiance. First King y prie, remercie, raconte les dangers de la réussite, célèbre les femmes, appelle à la fête, mais revendique aussi sa place dans le game.

En donnant une place centrale au fon, il fait de sa langue, plus qu’un véhicule musical, un espace de pensée, de mémoire et de puissance artistique.

First King sur le projet ALPHA : l’élévation par la foi, les racines et l’affirmation

Quand la musique se prescrit comme un

First King sur le projet ALPHA : l’élévation par la foi, les racines et l’affirmation

Vibrations Vocales 4 : la grande finale

Leave a comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *