Caroline et Solaar pleure : quand les textes de MC Solaar entrent dans les salles de classe

Trente ans après leur sortie, deux chansons de la légende MC Solaar continuent de résonner bien au-delà des ondes radio. Elles font aujourd’hui partie des textes régulièrement étudiés dans les établissements scolaires français, en cours de français, ateliers d’écriture et travaux sur la langue française.

Caroline, une chanson devenue support pédagogique reconnu

Sortie en 1992 sur l’album Qui sème le vent récolte le tempo, Caroline raconte en vers la déception amoureuse qu’un narrateur a connue avec une jeune femme du même nom.

Le titre, né d’une anecdote scolaire selon l’artiste lui-même, avait été pondu à l’origine comme une lettre de réconciliation. MC Solaar, de son vrai nom Claude M’Barali, a lui-même rappelé à plusieurs reprises que ce texte avait été étudié en milieu scolaire, tant sa construction est poétique.

Le morceau est aujourd’hui régulièrement cité en exemple dans des ressources pédagogiques consacrées au rap comme forme de poésie contemporaine, à l’image du dispositif « C’est la base », qui permet à des rappeurs actuels d’interpréter à leur manière des vers issus du programme scolaire.

Le principe est le suivant : démontrer que rap et poésie classique partagent un même souci du rythme, de l’image et de la musicalité des mots, une passerelle que MC Solaar a largement contribué à populariser dès le début des années 1990.

Solaar pleure, un texte plus grave sur fond d’engagement

Publié en 2001 sur l’album Cinquième As, Solaar pleure adopte un ton plus sombre que Caroline et aborde des thèmes de société et de désillusion à travers une écriture toujours aussi ciselée.

Ce contraste peint la variété de l’œuvre de MC Solaar, souvent présenté par la critique comme le premier rappeur français à avoir su populariser le genre auprès d’un large public, grâce à des textes réputés pour leur richesse littéraire et leur sens de la formule.

Depuis plusieurs années, MC Solaar parraine activement des projets éducatifs dans des établissements scolaires, à l’image de l’atelier d’écriture organisé au collège Jean Perrin de Lyon, où l’artiste avait personnellement échangé avec des élèves de sixième et de cinquième sur l’art des rimes et de la rédaction.

« L’école m’a permis de devenir qui je suis aujourd’hui », confiait-il à cette occasion, avec un salut appuyé au rôle des enseignants dans son propre parcours. Une manière, pour l’un des pionniers du rap hexagonal, de transmettre directement aux nouvelles générations ce goût des mots qu’il a lui-même façonné, texte après texte, depuis plus de trente ans.

Caroline et Solaar pleure : quand les textes de MC Solaar entrent dans les salles de classe

Le jury de Nouvelle École fait peau

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