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L’intelligence artificielle apprend enfin à parler les langues africaines

Longtemps absentes des grands modèles de langage, les langues africaines commencent à trouver leur place dans l’intelligence artificielle. Plusieurs initiatives lancées en 2026 veulent combler ce retard. Des projets portées par des organisations comme Masakhane African Languages Hub, Microsoft ou encore la Fondation Gates.

Des initiatives panafricaines pour combler un vide criant

Selon une étude publiée en 2025 et reprise par le magazine African Business, seules quatre langues du continent, l’amharique, le swahili, l’afrikaans et le malgache, sont réellement prises en charge par les grands modèles linguistiques actuels.

Les 2 000 autres langues parlées en Afrique restent largement absentes des outils numériques, un constat que confirme Roberto Navigli, chercheur à l’université La Sapienza de Rome.

Pour répondre à ce manque, Masakhane African Languages Hub a lancé en mai 2026, avec Microsoft AI for Good Lab, la Fondation Gates et Google.org, le programme LINGUA Africa.

Cet appel à projets, doté de plus de 400 000 dollars, vise à soutenir les universités, start-up et laboratoires capables de bâtir des solutions technologiques dans les langues du continent.

Chenai Chair, directrice de Masakhane, insiste sur la nécessité de concevoir des outils pensés localement plutôt qu’importés.

Des projets qui rassemblent chercheurs et gouvernements

D’autres initiatives se sont ajoutées ces derniers mois. En juillet 2026, plusieurs gouvernements réunis à Abuja, au Nigeria, ont soutenu le lancement d’ATLAS Umoja AI, porté par la GSMA avec l’appui du Bénin, du Kenya, de la Namibie, du Nigeria et du Togo.

De son côté, le projet African Next Voices, mené en Afrique du Sud, au Kenya et au Nigeria, a déjà permis d’enregistrer plus de 9 000 heures de discours dans dix-huit langues locales, du kikuyu au haoussa en passant par le yoruba.

Le projet AfriCC, coordonné par le laboratoire DSFSI de l’université de Pretoria, a quant à lui contribué à l’ajout de plus de 343 000 pages en langues africaines dans les bases d’entraînement mondiales de Common Crawl, avec le concours de bénévoles issus de dix-neuf pays.

Autant de briques qui, mises bout à bout, dessinent un avenir où des millions de locuteurs pourraient enfin accéder aux outils numériques dans leur propre langue.

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