Le quartier de Saint-Germain-des-Prés se transforme, pour la 25e année consécutive, en un vaste parcours artistique. Parcours des Mondes, salon international dédié aux arts anciens d’Afrique, d’Océanie, d’Asie et des Amériques, se tient du 8 au 13 septembre 2026 à Paris, avec une cinquantaine de galeries.
Une édition anniversaire tournée vers les créateurs africains
Fondé en 2001 par Pierre Moos, à qui cette édition rend hommage, le salon conserve pour président d’honneur Marc Ladreit de Lacharrière, fondateur du groupe Fimalac et mécène du musée du Louvre.
Cette année, plusieurs expositions consacrées aux arts africains mettent en avant leurs créateurs plutôt que leurs seules origines géographiques. Trois étapes structurent la visite : Modernités Sénégalaises, au 41 rue de Seine, Les Gardiens du Monde, au 35 de la même rue, puis Mains de Maîtres, au 9 quai Voltaire.
À la galerie Vallois, l’artiste béninois Dominique Zinkpè présente Les Gardiens du Monde, une série de sculptures composées d’assemblages d’ibeji, accompagnée d’une exposition de masques gèlèdè contemporains issus des cérémonies yoruba.
À la galerie Bernard Dulon, plusieurs pièces proviennent de la collection réunie par Max Itzikovitz, un dentiste installé en Côte d’Ivoire dans les années 1960, dont un masque sénoufo ivoirien.
Un débat sur les restitutions en toile de fond
Cette édition anniversaire intervient dans un contexte institutionnel mouvementé pour les collections africaines conservées en France.
Le 9 mai 2026, le Parlement a promulgué une loi qui crée un mécanisme permanent de restitution des biens culturels acquis en période coloniale. Ce nouveau texte remplace l’ancienne procédure, qui imposait un vote parlementaire distinct pour chaque retour.
Annoncée dès 2017 par Emmanuel Macron à Ouagadougou, cette réforme n’a pour l’instant débouché que sur un nombre restreint de restitutions concrètes, parmi lesquelles les trésors royaux d’Abomey, rendus au Bénin en 2021, puis le tambour parleur Djidji Ayokwe, restitué à la Côte d’Ivoire en février 2026.
La galerie Philippe Ratton consacre par ailleurs une exposition aux ibeji, ces statuettes yoruba sculptées pour accueillir l’esprit d’un jumeau disparu, une pratique qui témoigne de la place occupée par les jumeaux dans plusieurs sociétés d’Afrique de l’Ouest.
Entrée libre dans toutes les galeries participantes, jusqu’au dimanche 13 septembre.






