Le rap béninois retrouve des couleurs avec GENESIS, un morceau qui réunit Cyanogène et Blaazfem, collectif composé de Kemtaan et Sir Demos. Sorti après une longue attente, le titre s’appuie sur une production sombre et une écriture dense, avec en premier plan, des rappeurs qui n’ont rien perdu de leur exigence du texte.
Un retour porté par l’écriture
La force de GENESIS tient d’abord à son texte. Chacun des couplets s’appuie sur des images travaillées, des jeux de mots et des références à la rue, à l’argent, aux villes traversées et à la place occupée par les figures historiques du rap.
Certaines formules marquent immédiatement l’auditeur. D’ailleurs, sur les réseaux sociaux, plusieurs auditeurs ont rapproché GENESIS du titre « Numero Uno » de Crisba en s’appuyant sur plusieurs citations précises.
Des piques dissimulées contre Crisba ?
Dès son couplet, Kemtaan lance « número uno no preguntas little puta », puis enchaîne avec des lignes comme « Kama sutra, ton karma est en retard » ou « j’étais occupé à faire d’autres affaires ». Des formules qui ont nourri les commentaires, certains y voyant un message adressé à un artiste qui s’était positionné au sommet du rap béninois.
Le couplet de Sir Demos va dans le même sens, avec des lignes comme « tu n’existes pas sans le wifi et les algorithmes », qui critiquent un rap jugé trop dépendant de la visibilité et des chiffres plutôt que du fond.
Quant à Cyanogène, il referme le morceau sur des images qui se rapportent au contrôle et à la domination assumée. “On règne en despote, impose le véto et le rythme”.






