90 000 titres IA par jour : Deezer alerte après le seuil symbolique franchi en Juin

Un cap symbolique vient d’être franchi dans l’industrie du streaming musical. Selon un communiqué publié le 21 juillet par Deezer, les morceaux générés par intelligence artificielle ont dépassé, pour la première fois, la moitié de l’ensemble des nouvelles livraisons quotidiennes de musique sur la plateforme française.

Plus de 50 % des nouveaux titres, une première

D’après les chiffres communiqués par l’entreprise, les uploads générés par IA ont culminé en juin 2026, avec une moyenne de 90 000 titres par jour, soit plus de la moitié du volume total des nouveautés déposées quotidiennement sur la plateforme. 

Une progression spectaculaire quand on la compare aux niveaux observés début 2025, où ces contenus synthétiques représentaient alors environ 10 000 titres quotidiens.

Le PDG de Deezer, Alexis Lanternier, a qualifié ce seuil de « moment décisif ». Néanmoins, il assure que l’entreprise dispose des outils nécessaires pour encadrer cette évolution.

Depuis début 2025, Deezer utilise un système propriétaire de détection, en instance de brevet, capable d’identifier les morceaux entièrement générés par IA avec une fiabilité annoncée à 98 %. Ce dispositif avait déjà permis de repérer 13,4 millions de titres synthétiques l’année précédente.

Des écoutes réelles qui restent marginales

Malgré ce volume impressionnant de nouveaux dépôts, la consommation effective de ces titres par les auditeurs demeure très limitée : elle représenterait entre 1 % et 3 % de l’ensemble des écoutes sur la plateforme. C’est en effet un écart notable qui confirme que la grande majorité des morceaux générés par IA ne trouvent que très peu d’audience.

Face à ce constat, Deezer a annoncé plusieurs mesures pour limiter les effets pervers de cette vague de contenus synthétiques. La plateforme continuera d’exclure systématiquement les titres identifiés comme générés par IA des recommandations algorithmiques et éditoriales, une politique en vigueur depuis 2025. 

En supplément, elle prévoit de supprimer les morceaux utilisés à des fins de fraude au streaming, ainsi que ceux n’ayant enregistré aucune écoute depuis au moins six mois. Une manière, pour la plateforme, de protéger la rémunération des artistes et compositeurs face à la dilution progressive des revenus liée à l’afflux de contenus automatisés.

Leave a comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *