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Mémoire africaine : le combat pour préserver l’œuvre d’Amadou Hampâté Bâ

« En Afrique, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle »  : cette formule, prononcée par Amadou Hampâté Bâ devant l’UNESCO en 1960, résume tout le combat mené aujourd’hui par la fondation qui porte son nom. À Abidjan, un vaste projet de numérisation vient de passer un cap majeur pour préserver les archives de l’écrivain et ethnologue malien.

Plus de 2 000 manuscrits sauvés de la disparition

Porté par la Fondation Amadou Hampâté Bâ, en partenariat avec les Archives nationales de Corée et le programme Mémoire du monde de l’UNESCO, le projet a permis la conservation de plus de 2 000 manuscrits originaux.

Au total, 4 767 documents figurent désormais dans une base de données numérique sécurisée, dont 4 150 en français et 617 rédigés en peul, en arabe et en bambara.

La cérémonie de clôture s’est tenue à Abidjan-Cocody, en présence de la ministre ivoirienne de la Culture, Françoise Remarck, ainsi que de plusieurs représentants diplomatiques.

La directrice de la fondation, Rokiatou Hampâté Bâ, a salué un accomplissement collectif, tout en soulignant l’importance de cette bibliothèque numérique pour les chercheurs et pour la jeunesse africaine.

Un travail qui se poursuit au-delà des textes en français

Le chantier ne s’arrête pas là. Des formations continuent d’être organisées, avec l’appui de l’ONG SAVAMA-DCI, pour renforcer les compétences des équipes de la fondation en matière de conservation physique.

La classification et la traduction des manuscrits rédigés en peul demeurent un travail de longue haleine, tant les ressources linguistiques disponibles restent limitées.

Né en 1901 à Bandiagara, dans l’actuel Mali, et mort en 1991 à Abidjan, Amadou Hampâté Bâ a consacré sa vie à la collecte et à la transmission des savoirs oraux africains. Son œuvre, traduite dans plusieurs langues, continue d’influencer les études africaines et les débats sur la restitution du patrimoine documentaire.

La représentante de l’ambassade de Corée du Sud, Jeon Soojin, a réaffirmé le soutien de son pays à cette bibliothèque numérique, présentée comme un outil ouvert à tous.

Un héritage qui, grâce au numérique, échappe enfin au risque de l’oubli.

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