En pleine tournée promotionnelle pour L’Odyssée, Christopher Nolan n’a pas échappé à la question qui taraude aujourd’hui tous les cinéastes en vue : que pense-t-il de l’intelligence artificielle ? Interrogé début juillet par le vidéaste HugoDécrypte, le réalisateur britannique a livré une réponse tranchée. Il compare la technologie à un piège antique bien connu.
Une image empruntée à la mythologie grecque
« Je pense que l’IA est un cheval de Troie au sein duquel les Grecs se sont cachés, et tout le monde le sait », a résumé Nolan, avant de développer sa pensée.
Selon lui, la technologie a connu une adoption fulgurante dans les milieux financiers et entrepreneuriaux ces dernières années, au point de « conquérir Wall Street » en un temps record. Une progression que le cinéaste juge unique en son genre : « Je n’ai jamais vu une technologie progresser aussi vite tout en étant aussi largement rejetée par le public. »
Ce paradoxe constitue en effet le cœur de son analyse. Nolan observe notamment que la jeune génération se montre très réfractaire face aux contenus générés par IA, qu’elle qualifie spontanément d’« IA slop », une expression désormais largement répandue chez les plus jeunes pour désigner ces productions synthétiques de faible qualité.
Un scepticisme jugé « très sain » par le réalisateur
Loin de déplorer cette méfiance, le réalisateur de Inception et de Oppenheimer y voit au contraire un réflexe salutaire. « Je trouve que c’est un scepticisme très sain », a-t-il affirmé, tout en reconnaissant que la technologie continuera d’apporter certains bénéfices réels.
Il estime que l’enjeu ne réside pas uniquement dans l’outil lui-même, mais aussi dans les intentions de ceux qui le mettent entre nos mains : « Il faut aussi regarder avec scepticisme les motivations des gens qui nous la donnent. »
Pour info, plusieurs réalisateurs ont adopté des positions radicalement opposées sur le sujet. Des cinéastes comme Darren Aronofsky ou Neill Blomkamp ont ainsi fondé leurs propres studios dédiés à l’IA générative, avec des résultats qui ont largement divisé la critique et le public.
Nolan, lui, choisit une voie plus prudente, cohérente avec l’image d’un cinéaste attaché aux techniques de tournage traditionnelles.

Cette sortie médiatique intervient alors que L’Odyssée connaît un lancement retentissant au box-office mondial. Une réussite que Nolan doit, selon ses propres mots, à un savoir-faire artisanal éloigné des outils génératifs qui font aujourd’hui débat dans l’ensemble de l’industrie audiovisuelle.






